Le décret vient de paraître au JO de ce vendredi 17 août 2007 : J.O n° 189 du 17 août 2007 page 13791- texte n° 23

Seulement 3 établissements ont obtenu l'agrément pour recevoir les professionnels de santé (médecins, kinésithérapeutes, sage-femmes, infirmières, etc.). Ce sont :

  • CSOF Paris (Conservatoire supérieur ostéopathique français)
  • CSOF Toulouse (Conservatoire supérieur ostéopathique français) ;
  • Eurostéo Aix-en-Provence, (Meyreuil - Groupe ACCE, adhérents à l'INFO).

Aucun établissement tenu par des kinésithérapeutes n'a reçu le sésame, que ce soit la Maison de la Thérapie Manuelle (MTM - Bénichou), l'Ecole d'Ostéopathie de l'ONREK (EOO - Limoges) et l'ORI (Raymond Richard - Lyon).

Je ne parle pas des autres petites formations en postgradué comme l'AMOTA et bien d'autres. L'école de M. Horteland a également été recalé.

Exit donc les kinésithérapeutes dans la formation. Exit aussi la prétention de certains qui voulaient que l'ostéopathie soit réservé aux kinésithérapeutes et qui demandaient le pré-requis MK pour faire ostéopathie.

Je vois là une très grande victoire pour l'Ostéopathie qui se dirige maintenant vers un statut à part entière. Si la Loi de 2002 a été le premier acte légal et fondateur de l'Ostéopathie française, les décrets, même avec toutes les restrictions qui ont été faites, ont créé, enfin, la possibilité à notre profession de se voir reconnaître un statut légal.

Le deuxième acte fondateur vient de voir le jour : Les écoles de formation acceptant les non-professionnels de santé sont agrées et vont former des ostéopathes qui ne seront plus des kinésithérapeutes-ostéopathes ou des médecins-ostéopathes, mais simplement des ostéopathes.

Voici la liste des établissements agrées :

Groupe CEESO (Centre européen d'enseignement supérieur de l'ostéopathie) :

  • CEESO Lyon;
  • CEESO Paris;

Membres du groupe SUP-OSTEO :

  • CIDO Saint-Étienne (Centre international d'ostéopathie) ;
  • ATMAN Sophia-Antipolis ;
  • COP Marseille (Collège ostéopathique de Provence) ;
  • ESO Émerainville (École supérieure d'ostéopathie) ;
  • ITO Labège (Institut toulousain d'ostéopathie).

Membre du groupe ISO

  • ISO Limonest (Institut supérieur d'ostéopathie de Lyon) ;

Autres collèges ne dépendant pas d'un groupe :

  • COE Cergy-Pontoise (Collège ostéopathique européen, formation initiale) ;
  • OSTEOBIO Cachan (Ecole supérieure d'ostéopathie et de biomécanique appliquée) ;
  • IdHEO Orvault (Institut des hautes études ostéopathiques de Nantes).

Cette liste appelle les remarques suivantes :

  1. Aucun collège du groupe COS (Collège Ostéopathique Sutherland) n'a obtenu l'agrément.
  2. Seul, ISO Lyon a été agréé. ISO Aix, Iso Paris et ISO Lille n'ont pas reçus l'agrément.
  3. Du groupe ACCE (AT Still Academy, CETHOM, COTN, EUROSTEO), seul EUROSTEO Aix en Provence a reçu l'agrément (pour les professionnels de santé uniquement).
  4. Si l'on regarde l'appartenance des divers collèges à l'INFO et à la CAdF, on est obligé de noter que :
  • 3 collèges seulement font partie de l'INFO : Eurostéo Aix en Provence, ISO Lyon et COE Cergy-Pontoise.
  • La plupart des collèges membres de la CAdF ont reçus l'agrément : seul Ostéonet a été recallé.
  • Enfin, il faut reconnaître l'importance des collèges n'appartenant ni à l'INFO ni à la CAdF qui ont obtenu l'agrément : CEESO (Paris, Lyon), IdHEO, OSTEOBIO, CSOF (Paris, Toulouse).

Du point de vue géographique nous avons :

  • 1 école dans l'Ouest : IdHEO à Nantes
  • 3 écoles à Lyon : ISO, CEESO et CIDO (St Etienne)
  • 4 écoles à Paris qui s'arroge la bonne part : Osteobio (Cachan) COE (Cergy-Pontoise) CEESO (Paris) ESO (Emérainville) CSOF (Paris)
  • 2 écoles à Toulouse : CSOF, ITO (Labège)
  • 3 écoles en PACA : COP (Marseille) et Atman (Sophia Antipolis) Eurostéo (Aix)

On peut remarquer également l'absence d'école dans le Nord, à Bordeaux.

Mais au-delà de toutes ces remarques pertinentes, deux questions au moins me viennent à l'esprit :

  1. Quels ont été les critères de choix pour implanter géographiquement les écoles ? 3 écoles à Lyon, c'est peut-être beaucoup alors que manifestement aucune n'a reçu d'agrément dans le Nord de la France, pas plus qu'à Bordeaux alors que Toulouse en a 2 !
  2. Quels ont été les critères pour éliminer certaines écoles, certains groupes ? Alors que rien ne laissait supposer que ces écoles ou ces groupes aient été moins bons que les autres ! S'agit-il d'une meilleure représentativité dans les cabinets ministériels de certains ? de groupes d'influence ? de règlements de compte personnels ? On aurait aimé que les critères sélectifs de choix aient fait l'objet d'une définition et d'une publication pour éliminer le compérage et les influences illicites.

La profession a maintenant son destin entre les mains.

Il reste le troisième et dernier acte fondateur : celui de l'agrément des professionnels qui exercent leur activité depuis plus de 5 années continues à la date de publication des décrets (27 mars 2007). La réponse sera connue au plus tard le 31 juillet 2008.