jeudi 24 janvier 2008
Je suis triste ! profondément triste ! misérablement triste !
Par Jean-Louis BOUTIN, jeudi 24 janvier 2008 à 17:34 :: General
Depuis la création de ce blog, j’ai essayé de dire ce qu’il n’était pas possible d’écrire ailleurs pour partager mes coups de cœur, mes coups de gueule, mes étonnements, et bien d’autres choses encore.
Ce blog, un peu comme toutes les pages de ce type, est plus « journalistique » sans forcément être « people », ni vulgaire. Juste des envies de dire, de protester devant ce qui, pour un observateur, semble ne pas aller de soi, de parler d’un livre, d’émettre une idée, etc. Et c’est pourquoi j’ai choisi cette devise « Protester c’est efficace, mieux vaut l’ouvrir » que je dois à André Glucksmann.
Mon éthique
Je suis toujours ouvert à la discussion ; j’accepte la contradiction, même les attaques personnelles, inutiles, proches de la diffamation comme certaines le sont. Mais je ne suis pas procédurier et j’essaie toujours de faire preuve, dans ma vie personnelle comme dans ma vie professionnelle, d’ouverture d’esprit, de laisser venir l’opinion de l’autre car l’autre a quelque chose à me dire.
De par ma formation, j’accepte l’idée que je peux me tromper, que je me trompe parfois. Mon caractère un peu outrancier, vif, emporté quelques fois, me fait écrire avec virulence, avec passion, mais toujours avec honnêteté : quand je me trompe, je le reconnais. Et je laisse toujours la porte ouverte à l’erreur d’interprétation, à l’erreur tout court d’ailleurs et j’offre à l’autre de s’exprimer, de dire le contraire, et je m’en excuse si, par mégarde, je blesse quelqu’un par mes propos, si je me trompe. Cela est mon idéal, mon éthique, mes valeurs : toujours laisser la place à l’autre…
Qui plus est, sur ce blog, comme sur la plupart, tout un chacun peut y exprimer ses idées, et le droit de réponse est ouvert à tous. Et il n’y a jamais eu de censure de ma part et l’anonymat y est également respecté !
Je fais toujours confiance aux autres et pourtant, j’ai reçu pas mal de coup de bâtons, pas mal de vilenies, de chausses trappes, de peau de bananes, parfois des menaces physiques. Et je continue toujours, malgré les oppositions, à faire confiance, et je l’ai écrit même à ceux qui, d’une manière ou d’une autre, m’ont attaqué, blessé, vilipendé, traîné dans la boue.
Cette attitude, jusqu’à présent, je ne l’ai jamais regrettée car elle me parait juste, respectueuse, conforme à ces valeurs d’authenticité, de respect et d’amour qui m’animent et que je mets en pratique au quotidien.
Mes doutes
Certains ostéopathes n’apprécient guère que leurs démarches, leurs prises de position, leurs communications soient critiquées et en plus par des indépendants. Beaucoup le disent tout bas, peu ont le courage de le publier. Seuls quelques étudiants, sous le couvert de l’anonymat, osent braver le mur du silence et disent avec virulence et souvent outrecuidance, ce que beaucoup pensent mais n’osent exprimer de peur de…
J’ai ce courage de dire, d’oser défier le POF pour noter ce qui me choque, ce qui semble être des abus de pouvoir dominant (pour reprendre une expression à la mode à Bruxelles), parfois des erreurs et j’essaie toujours de différencier la personne de la fonction.
L’huissier
Alors quand j’ai reçu ce vendredi la visite d’un huissier pour m’apporter une citation directe à comparaître pour diffamation devant le Tribunal de Grande Instance de Nanterre, excusez-moi de l’expression, je suis « tombé sur le cul » et comme Astérix, j’ai compris que le Ciel m’était tout d’un coup tombé sur la tête.
Et je me suis mis à douter : douter de mon action, de mon engagement, de mes activités en faveur de l’ostéopathie, des études que j’entreprenais pour la faire reconnaître, l’utilité de mon engagement en sa faveur, l’utilité de dire, de crier haut et fort mon indépendance, ma fierté, etc., etc.
Et j’ai eu, un moment, l’idée qui peut paraître un peu saugrenue, de… fermer le Site de l’Ostéopathie ! Sait-on jamais !
A quoi bon !
A quoi bon se mobiliser, s’engager dans un combat où, je viens de l’apprendre, tous les coups sont permis, même les plus bas, les plus tordus, les plus vilipendés, les plus abjects.
D’un coup, j’ai revu ce jour où, emporté dans un élan de générosité, j’ai pris le risque de créer ce site ; comme quand on a un accident et que l’on revoit les moments les plus importants de sa vie, j’ai revécu ces 8 années de labeur, j’ai revécu toutes les attaques que j’ai subies, et elles n’ont pas toutes été bien jolies, ni bien agréables comme celle, dans un commissariat, entre deux officiers de police judiciaire, on vous montre une commission rogatoire avec tout pouvoir de perquisition, d’amener, etc. On n’est pas fier ce jour-là ! Heureusement ce fut sans suite…
Oui les attaques ont fusé de toutes parts et si j’osais raconter les intimidations physiques, les heurts, et bien d’autres choses encore, mais il n’est pas en mon pouvoir aujourd’hui de dire tout cela.
Et ma colère
Et puis j’ai été pris d’une colère profonde, justifiée, d’une révolte qui venait du plus profond de moi. Comment, quelqu’un qui, il n’y a pas si longtemps encore, dans ses messages, me disait être « mon ami » m’assurait de sa « reconnaissance pour mon engagement total pour l’ostéopathie » avait-il pu en arriver là.
Je n’ai pas compris ce jour-là et je ne comprends toujours pas. Mais est-ce donc si nécessaire ?
Il est indispensable par contre que je puisse assurer ma défense.
Le silence
Alors si vous me trouvez silencieux, c’est que, muselé et ne pouvant m’exprimer qu’avec toutes sortes de réserve, je préfère me taire que d’être obligé de censurer mes propos. Non point que je veuille attaquer Pierre, Jacques ou Paul et les autres, non cela n’a jamais été mon but ; mais il est maintenant plus prudent, vu l’accusation que l’on porte contre moi, que mes propos soient plus restreints et emprunts d’un certain académisme ou d’une certaine diplomatie, en rappelant que l’étymologie du mot « diplomatie » signifie qui parle un double langage.
Je m’étais promis que ce ne serait jamais le cas, les circonstances m’y obligent.
A plus tard, donc, et merci de toute votre attention.
Jean-Louis BOUTIN